Homme âgé vivant seul en balade dans un parc

Rester chez soi après 75 ou 80 ans est souvent possible, à condition que le logement soit adapté, que l’aide nécessaire soit en place et qu’une alerte puisse partir en cas de problème. Surveillez les signes qui changent : chutes, repas sautés, médicaments oubliés, courrier qui s’accumule. Parlez-en avec votre parent et son médecin, demandez une évaluation si besoin, et mettez en place les aides et une téléassistance avant l’accident plutôt qu’après.

Votre mère ou votre père vit seul, parfois loin de chez vous. Au téléphone, il dit que « tout va bien », mais vous avez des doutes. Voici comment faire le point, sans dramatiser ni attendre la chute qui obligera à décider dans l’urgence.

Les signes que vivre seul devient plus difficile

Un signe isolé ne veut pas dire que votre parent ne peut plus vivre seul. C’est l’accumulation, ou un changement par rapport à ses habitudes, qui doit alerter.

Ce que vous remarquezCe que cela peut indiquerQue faire
Chutes, même légères, ou marche hésitanteFragilité de l’équilibre, risque de chute graveMédecin traitant, aménagement du logement, téléassistance avec détecteur de chute
Frigo vide, repas sautés, perte de poidsDifficulté à faire les courses ou à cuisiner, perte d’appétitPortage de repas, aide à domicile, en parler au médecin
Médicaments oubliés ou pris en doubleTroubles de la mémoire, traitement trop complexePilulier préparé par la pharmacie ou une infirmière
Courrier et factures qui s’accumulentDifficultés administratives, début de troubles cognitifsAide administrative, consultation mémoire si besoin
Logement moins entretenu, hygiène qui se dégradeFatigue, difficultés pour se laver ou faire le ménageAide-ménagère, aide à la toilette
Il sort moins, voit moins de mondeIsolement, peur de tomber, humeur tristeActivités, visites, voir combattre la solitude
Il ne décroche pas, ou vous rappelle très tardFatigue, désorientation, ou simple habitudeConvenir d’un rituel d’appel et d’un moyen d’alerte s’il lui arrive quelque chose

Faire le point avec lui, et avec des professionnels

  1. Parlez-en avec votre parent, sans le mettre devant le fait accompli. Demandez-lui ce qui lui pose difficulté et ce qu’il souhaite. La plupart des personnes âgées veulent rester chez elles, et c’est souvent possible avec de l’aide.
  2. Prévenez le médecin traitant des changements observés. Il peut vérifier les traitements, l’équilibre, la mémoire et orienter vers un gériatre.
  3. Demandez une évaluation de l’autonomie si les difficultés s’installent. Pour l’APA, une équipe du département vient à domicile et évalue le niveau d’autonomie avec la grille AGGIR, du GIR 1, le plus dépendant, au GIR 6, autonome. L’APA concerne les GIR 1 à 4. Voir l’APA à domicile sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
  4. Contactez le point d’information local pour les personnes âgées, qui connaît les services de son secteur. On le trouve dans l’annuaire officiel.

Les conditions pour qu’il reste chez lui en sécurité

Rester chez soi tient en général à cinq conditions :

  • Une autonomie suffisante pour l’essentiel (se lever, se laver, manger), ou une aide pour ce qu’il ne peut plus faire.
  • Un logement adapté : pas de tapis, des barres d’appui, une douche accessible, un bon éclairage, un escalier sécurisé ou une vie au rez-de-chaussée. Voir sécuriser l’escalier. Des aides de l’Anah, comme MaPrimeAdapt’, peuvent financer une partie des travaux, sous conditions.
  • Des services à domicile selon les besoins : aide-ménagère, portage de repas, soins infirmiers.
  • Un entourage joignable : famille, voisins, amis, qui passent ou peuvent intervenir.
  • Un moyen d’alerte qui fonctionne même s’il tombe et ne peut pas atteindre le téléphone.

Le téléphone portable a ses limites quand on vit seul : il faut l’avoir sur soi, pouvoir composer un numéro et parler. Voir appeler les secours quand on vit seul.

Quand installer une téléassistance ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre une chute grave. Une téléassistance se justifie dès que votre parent vit seul et qu’au moins un de ces points est vrai :

  • Il est déjà tombé, même sans gravité, ou il a du mal à se relever.
  • Il marche avec une canne ou un déambulateur, ou se sent instable (perte d’équilibre).
  • Après la sortie d’hospitalisation, par exemple après une fracture du col du fémur ou un AVC.
  • Il fait des malaises, ou prend des traitements qui font baisser la tension.
  • Personne ne passe chez lui tous les jours.
  • Vous-même vivez loin.

Quelle formule choisir ?

Situation de votre parentFormulePrix après crédit d’impôt
Vit surtout chez lui, n’est jamais tombéTéléassistance à domicile12,45 €/mois
Déjà tombé, malaises, troubles de la mémoireAvec détecteur de chute15,45 €/mois
Sort encore seulVigie Mobile ou montre connectée13,95 € ou 18,95 €/mois
À protéger dedans et dehorsDomicile + Vigie Mobile21,45 €/mois

Toutes les formules sont sans engagement. Les frais de gestion sont de 49,90 € à la souscription, soit 24,95 € après crédit d’impôt. Voir tous nos tarifs ou trouver la formule adaptée en 4 questions.

Vous habitez loin ?

L’adhésion demande deux proches qui habitent à moins de 30 minutes et peuvent se déplacer en cas d’alerte : un voisin, un ami ou un membre de la famille. Une boîte à clés permet aux secours d’entrer sans forcer la porte. Vous pouvez être inscrit dans la liste des personnes à prévenir, même à distance.

Les aides pour financer le maintien à domicile

  • L’APA, pour les personnes en GIR 1 à 4 : elle finance un plan d’aide qui peut inclure l’aide à domicile et la téléassistance. Il n’y a pas de plafond de ressources, mais une participation qui augmente avec les revenus.
  • Les caisses de retraite, pour les personnes plus autonomes ou après une hospitalisation.
  • Le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne, dont la téléassistance, même pour un parent non imposable.
  • Certaines mutuelles et collectivités. Voir téléassistance gratuite : qui y a droit et la prise en charge par la mutuelle.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon parent peut encore vivre seul ?

Observez les changements : chutes, repas, médicaments, courrier, hygiène, sorties. Parlez-en avec lui et avec son médecin traitant. Si les difficultés s’installent, une évaluation à domicile par l’équipe APA du département permet d’y voir clair et d’obtenir des aides.

Peut-on prendre une téléassistance pour un proche qui vit seul ?

Oui. Vous pouvez faire les démarches pour votre parent, avec son accord, et être inscrit comme personne à prévenir. L’installation se fait chez lui, par un technicien, sous 7 jours.

À quel moment installer une téléalarme ?

Avant l’accident, idéalement dès qu’il vit seul et qu’il est déjà tombé, se sent instable, sort d’une hospitalisation, ou que personne ne passe chaque jour.

Mon parent refuse la téléassistance : que faire ?

C’est fréquent. Présentez-la comme ce qui lui permet de rester chez lui, et non comme un aveu de fragilité. Une montre discrète passe parfois mieux qu’un médaillon. L’abonnement est sans engagement : vous pouvez lui proposer d’essayer.

La téléassistance est-elle obligatoire pour une personne âgée qui vit seule ?

Non. C’est un choix, mais c’est le moyen le plus simple de s’assurer qu’une alerte peut partir, même s’il ne peut pas atteindre le téléphone.

Y a-t-il un plafond de ressources pour l’APA ?

Non. L’APA dépend du niveau d’autonomie (GIR 1 à 4), pas des revenus. En revanche, une participation financière est demandée selon les ressources.