Sénior de 75 ans à la maison

Avec l’allongement de l’espérance de vie et le souhait croissant des personnes âgées de vieillir à domicile, la question de la possibilité réelle de rester chez soi après 75 ans se pose de manière cruciale. Ce choix implique toutefois un certain nombre de conditions, tant en matière de santé, de sécurité que d’environnement matériel. Parmi les solutions préconisées, la mise en place d’un service de téléassistance à domicile constitue une mesure essentielle pour sécuriser le maintien à domicile des personnes âgées.

Sommaire

Quelles sont les conditions pour rester chez soi après 75 ans ?

Rester à son domicile après 75 ans est envisageable sous réserve de certaines conditions. Il s’agit principalement de :

  • maintenir une autonomie suffisante pour les actes de la vie quotidienne (se nourrir, se laver, se déplacer) ;
  • bénéficier d’un logement adapté ou adaptable ;
  • avoir accès à des services d’aide à domicile ou de soins infirmiers ;
  • pouvoir compter sur un réseau de soutien (famille, voisinage, professionnels) ;
  • mettre en place des dispositifs de sécurité (téléassistance, prévention des chutes).

Selon l’enquête Vie Quotidienne et Santé menée par la DREES en 2021, 88 % des personnes de 75 ans et plus vivent à domicile, mais 26 % d’entre elles déclarent avoir des limitations fonctionnelles importantes.

Aménagement du logement et sécurité

Le logement constitue un facteur déterminant. Pour rester chez soi en toute sécurité, des aménagements peuvent s’avérer nécessaires. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) souligne plusieurs points d’attention :

  • réduction des risques de chute (suppression des tapis glissants, installation de barres d’appui) ;
  • éclairage renforcé dans les zones de passage ;
  • accès facilité aux pièces essentielles (chambre, salle de bain, cuisine) ;
  • installation de douches à l’italienne ou de sièges de bain sécurisés ;
  • suppression des seuils trop élevés et adaptation des escaliers.

Des aides financières peuvent être accordées pour ces travaux, notamment via le programme « Habiter facile » de l’Anah.

Services et aides au maintien à domicile

Un maintien à domicile sécurisé repose sur l’accès à une offre de services adaptée. Les principales aides sont :

  • les services d’aide à domicile (aide-ménagère, portage de repas, courses) ;
  • les soins infirmiers à domicile (SSIAD) ;
  • les services polyvalents d’aide et de soins à domicile (SPASAD) ;
  • la coordination par les centres locaux d’information et de coordination (CLIC).

Ces dispositifs peuvent être partiellement financés par l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée par les conseils départementaux selon les critères définis par le décret n° 2001-1085 du 20 novembre 2001.

Le rôle clé de la téléassistance à domicile

La téléassistance est un service permettant à une personne âgée de déclencher une alerte en cas de chute, de malaise ou d’urgence. Ce système repose généralement sur un médaillon ou un bracelet connecté à un centre d’écoute disponible 24h/24. Il peut également inclure des détecteurs de chute ou des capteurs de mouvement.

Selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la téléassistance est fortement recommandée pour les personnes âgées vivant seules. Elle permet :

  • une intervention rapide en cas d’incident ;
  • un sentiment de sécurité accru ;
  • un soutien psychologique grâce à la possibilité de contact immédiat.

Les frais de téléassistance peuvent être partiellement couverts par l’APA ou des aides locales (communes, caisses de retraite). Le coût mensuel varie selon le prestataire et les options, généralement entre 10 € et 30 € par mois.

Financement et aides disponibles

Plusieurs aides publiques existent pour financer le maintien à domicile après 75 ans :

AideOrganismeConditions
APAConseil départementalÂge ≥ 60 ans, perte d’autonomie GIR 1 à 4
Aide-ménagèreCCAS ou caisse de retraiteRessources inférieures à un plafond
Crédit d’impôtDirection générale des finances publiques50 % des dépenses d’aide à domicile, dans la limite de 12 000 € par an (article 199 sexdecies du CGI)
Habiter facileAnahLogement principal, revenus modestes, travaux d’adaptation

Il est recommandé de s’adresser à un point d’information local (CLIC, MDPH, CCAS) pour évaluer les droits et les démarches à engager.

Évaluer les capacités pour un maintien à domicile

L’évaluation de la capacité à rester chez soi repose sur des critères médicaux, sociaux et environnementaux. Elle peut être réalisée par le médecin traitant, les services sociaux ou via une demande d’APA. Cette évaluation tient compte :

  • du niveau de dépendance (GIR 1 à 6 selon la grille AGGIR) ;
  • de l’état cognitif et psychologique ;
  • de la configuration du logement ;
  • de la disponibilité des aidants et des services à proximité.

Cette évaluation permet d’orienter vers les aides adéquates et de mettre en place des dispositifs adaptés pour garantir la sécurité et le bien-être de la personne âgée à domicile.

FAQ

À partir de quel âge peut-on bénéficier de la téléassistance ?

Il n’y a pas d’âge légal minimum, mais la téléassistance est généralement proposée aux personnes âgées de 60 ans et plus, en particulier celles vivant seules ou présentant un risque accru de chute.

La téléassistance est-elle obligatoire pour rester à domicile ?

Non, elle n’est pas obligatoire, mais elle est vivement recommandée par les autorités sanitaires comme mesure de prévention et de sécurité.

Peut-on cumuler APA et crédit d’impôt pour l’aide à domicile ?

Oui, sous certaines conditions. Le montant perçu au titre de l’APA est déduit du montant ouvrant droit au crédit d’impôt (source : article 199 sexdecies du Code général des impôts).

Qui décide si une personne peut rester chez elle ou doit entrer en établissement ?

La décision dépend de l’évaluation médico-sociale réalisée par les professionnels de santé, les services sociaux et, le cas échéant, la famille. Elle prend en compte les besoins et les souhaits de la personne concernée.

Existe-t-il des aides spécifiques pour adapter le logement d’une personne âgée ?

Oui. L’Anah propose des aides pour financer les travaux d’adaptation via le dispositif « Habiter facile ». Des collectivités locales peuvent également accorder des subventions complémentaires.